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Passer de Windows 10 à Linux Mint : le guide du débutant

Sauvegarde, clé USB, session live, installation : la migration pas à pas vers Linux Mint 22.3, avec les pièges connus et les cas où il vaut mieux s'abstenir.

Ancien PC de bureau avec écran plat et plante verte sur un bureau ensoleillé

Ton PC tourne sous Windows 10, il marche très bien, et Microsoft t’explique pourtant qu’il faudrait passer à la caisse. On a détaillé tes options face à la fin de Windows 10, dont le sursis gratuit jusqu’en octobre 2027. Mais il existe une voie qui rend ta machine à la fois plus rapide, plus sobre et débarrassée de la télémétrie : installer Linux. Et en 2026, la porte d’entrée recommandée aux débutants s’appelle toujours Linux Mint.

Ce guide s’adresse à ceux qui n’ont jamais touché Linux : pourquoi Mint, pour qui ça ne convient pas (on sera honnête), et la migration pas à pas, du test sans risque sur clé USB jusqu’à l’installation.

Pourquoi Linux Mint

La version actuelle, Linux Mint 22.3 « Zena », est sortie en janvier 2026 et sera supportée jusqu’en 2029. Elle repose sur Ubuntu LTS, la base la plus documentée du monde Linux, et son bureau Cinnamon reprend les repères de Windows : menu en bas à gauche, barre des tâches, zone de notification, gestionnaire de fichiers classique. Un utilisateur de Windows 10 s’y retrouve en une heure.

Côté matériel, le contraste avec Windows 11 est frappant : Mint demande officiellement 2 Go de RAM (4 conseillés) et 20 Go de disque, sans puce TPM ni processeur récent. C’est exactement pour ça que la campagne internationale « End of 10 », soutenue par de grands noms du logiciel libre, pousse à faire revivre les PC non compatibles Windows 11 sous Linux plutôt que de les jeter. Et le mouvement est réel : Zorin OS, l’autre distribution favorite des migrants, a annoncé plus d’un million de téléchargements dans les cinq semaines suivant la fin du support de Windows 10, dont 78 % effectués depuis des machines Windows.

Mint existe en trois éditions : Cinnamon (le choix par défaut), MATE et Xfce (pour les machines vraiment anciennes). Si ton critère absolu est de ressembler à Windows au pixel près, regarde aussi Zorin OS ; pour tout le reste, Mint offre le meilleur équilibre simplicité, stabilité et communauté francophone.

Pour qui ce n’est PAS une bonne idée

Autant le dire avant la clé USB plutôt qu’après :

  • Les joueurs de titres compétitifs. Fortnite, Valorant, League of Legends et Call of Duty Warzone ne fonctionnent pas sous Linux, leurs systèmes anti-triche l’interdisent, et ça ne changera probablement jamais. Plus de la moitié des jeux à anticheat recensés sont dans ce cas. En revanche, le reste du jeu vidéo se porte très bien : environ 90 % du catalogue Steam tourne via Proton (Counter-Strike 2 et Dota 2 compris), et Valve a même lancé fin juin sa Steam Machine, une console de salon qui tourne… sous Linux.
  • Les professionnels dépendants d’Adobe Creative Cloud, d’Office natif ou d’un logiciel métier Windows (compta, CAO). Les alternatives existent mais ne remplacent pas un outil imposé par ton travail.
  • Ceux qui ne veulent rien réapprendre du tout. Mint est accueillant, mais installer un logiciel passe par une logithèque, pas par un .exe téléchargé : c’est un petit changement de culture.

Pour la bureautique, le web, le mail, la photo de famille et le multimédia : aucun de ces freins ne s’applique, et c’est précisément le profil pour lequel Mint brille.

Étape 1 : préparer le terrain (15 minutes)

Sauvegarde d’abord. Documents, photos, favoris du navigateur, sur un disque externe ou un cloud. C’est non négociable, même si la migration se passe bien dans l’immense majorité des cas.

Ensuite, deux réglages Windows qui évitent les deux pièges classiques du dual boot :

  • BitLocker : si ton disque est chiffré (fréquent sur les PC récents), sauvegarde ta clé de récupération (compte Microsoft, section Appareils) et suspends BitLocker avant de toucher aux partitions. C’est LE piège numéro un : modifier les partitions avec BitLocker actif déclenche l’écran de récupération, et sans la clé, tes données sont inaccessibles.
  • Démarrage rapide : désactive le « Fast Startup » (Options d’alimentation) si tu comptes garder Windows à côté, sinon le disque Windows reste verrouillé à moitié éteint.

Étape 2 : la clé USB et le test sans risque

Télécharge l’image ISO de Mint (édition Cinnamon) sur le site officiel linuxmint.com, uniquement là. Munis-toi d’une clé USB de 8 Go minimum, et grave l’ISO avec balenaEtcher (l’outil recommandé par la documentation officielle : trois clics) ou Ventoy si tu veux une clé multi-systèmes.

Redémarre le PC sur la clé (touche F12, F2 ou Échap au démarrage selon les marques, pour choisir le périphérique de boot). Tu arrives alors sur une « session live » : un Linux Mint complet qui tourne depuis la clé, sans rien installer ni toucher à ton disque. C’est le moment de tout vérifier tranquillement : le Wi-Fi se connecte-t-il, le son sort-il, l’écran est-il à la bonne résolution, l’imprimante répond-elle. Si un composant manque à l’appel (les puces Wi-Fi Broadcom sont le cas pénible classique), le « Gestionnaire de pilotes » de Mint installe le pilote propriétaire manquant, au besoin en branchant un câble Ethernet le temps de l’opération. Tant que tout n’est pas validé en session live, n’installe pas.

Étape 3 : installer, en remplacement ou en dual boot

L’icône « Install Linux Mint » sur le bureau de la session live lance un assistant en français d’une dizaine d’écrans. Le choix structurant :

  • Remplacer Windows (« Effacer le disque ») : le plus simple et le plus fiable pour un débutant qui a sauvegardé ses données et fait le deuil de Windows.
  • Dual boot (« Installer à côté de Windows ») : tu choisis à chaque démarrage. Confortable pour la transition, surtout que les mises à jour de sécurité étendues de Windows 10 restent gratuites jusqu’en octobre 2027 : ton Windows de secours reste sain pendant que tu prends tes marques. Revers : les précautions BitLocker/Fast Startup ci-dessus, et de rares mises à jour Windows qui se remettent en premier dans l’ordre de démarrage (ça se répare, mais c’est agaçant).

Bon à savoir en 2026 : le Secure Boot n’est plus l’épouvantail d’autrefois, Mint démarre avec Secure Boot activé sur l’immense majorité des machines. Et si tu as une carte NVIDIA, le Gestionnaire de pilotes propose le pilote propriétaire en deux clics après l’installation, c’est le passage quasi obligé pour de bonnes performances.

Étape 4 : tes repères des premiers jours

Au premier démarrage, l’écran de bienvenue de Mint te guide : instantanés de restauration (Timeshift, active-le, c’est ta machine à remonter le temps), pilotes, mises à jour. Ensuite, les correspondances sont simples : la Logithèque remplace les .exe (on y installe Chrome, VLC, Spotify ou Steam en un clic), le Gestionnaire de mises à jour centralise toutes les mises à jour du système et des logiciels d’un coup, et tes fichiers Windows (documents, photos, musique) se lisent tels quels, y compris depuis la partition Windows en dual boot.

Côté logiciels : LibreOffice est préinstallé et ouvre tes fichiers Word/Excel (notre tour des alternatives gratuites à Office reste valable sous Linux), Firefox gère le web comme avant, Thunderbird le mail, et GIMP, qui a connu une vraie renaissance avec ses versions 3.x, couvre la retouche photo. Pour le reste, le réflexe : chercher « équivalent Linux de X » avant de conclure que ça manque.

Dernier conseil : si ta machine rame encore un peu malgré Mint, le problème est matériel, pas logiciel. Un SSD à 40 euros change tout, on a détaillé ça dans le guide du refresh d’un vieux PC. Mint + SSD, c’est la cure de jouvence la moins chère du marché.

Questions fréquentes

Est-ce que je pourrai revenir à Windows si ça ne me plaît pas ?

Oui. En dual boot, Windows est toujours là, il suffit de le choisir au démarrage. Même après un remplacement complet, tu peux réinstaller Windows 10 ou 11 avec une clé USB d’installation Microsoft et ta sauvegarde de données. Rien n’est irréversible, à condition d’avoir sauvegardé avant.

Linux Mint est gratuit : où est le piège ?

Il n’y en a pas. Mint est développé par une équipe financée par les dons et le sponsoring, sur des bases (Ubuntu, Debian) maintenues par des milliers de contributeurs. Pas de licence, pas de pub, pas de télémétrie commerciale, pas de compte obligatoire. Le modèle économique du logiciel libre est différent, pas suspect.

Mes jeux Steam fonctionneront-ils ?

La plupart, oui : Steam s’installe depuis la Logithèque, et sa couche Proton fait tourner environ 90 % du catalogue Windows, souvent sans rien configurer (active « Steam Play pour tous les titres » dans les paramètres). Les exceptions notables sont les jeux compétitifs à anticheat noyau : Fortnite, Valorant, League of Legends et Warzone restent incompatibles. Vérifie tes jeux sur protondb.com avant de migrer.

Aurai-je besoin de la ligne de commande ?

Pour un usage courant sous Mint : non. Installation de logiciels, mises à jour, pilotes, réglages, imprimantes, tout passe par des interfaces graphiques. Le terminal reste disponible et les tutoriels l’utilisent souvent parce que c’est plus rapide à décrire, mais il n’est pas un passage obligé pour la bureautique et le web.