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Récupérer un fichier supprimé sur Windows : 3 outils gratuits qui marchent

Fichier important supprimé par erreur ? Windows File Recovery, Recuva, PhotoRec : 3 outils gratuits efficaces et bonnes pratiques.

Écran récupération fichiers
Mis à jour le 18 juin 2026

Tu viens de supprimer un fichier important par erreur, ou tu as vidé la corbeille trop vite, ou ton disque a planté et un dossier complet a disparu. La bonne nouvelle, c’est que la récupération est souvent possible, à condition d’agir vite et de bien choisir l’outil. La mauvaise, c’est que chaque seconde d’utilisation du disque après la suppression réduit tes chances : Windows peut écrire de nouvelles données par-dessus les zones libérées.

Ce guide passe en revue les trois outils gratuits sérieux pour récupérer des fichiers sur Windows en 2026, leur efficacité comparée, et les bonnes pratiques pour maximiser les chances.

L’essentiel

Stop tout sur le disque concerné dès la suppression constatée. Chaque écriture sur le disque réduit les chances de récupération.

Pour des fichiers récents sur SSD : Windows File Recovery (gratuit Microsoft, intégré au Microsoft Store).

Pour des fichiers anciens ou sur HDD : Recuva ou PhotoRec. Recuva pour l’interface facile, PhotoRec pour la profondeur d’analyse.

Pourquoi un fichier supprimé peut être récupéré

Quand tu supprimes un fichier (au-delà de la corbeille, donc avec Shift+Suppr ou après vidage de la corbeille), Windows ne réécrit pas les données. Il marque l’espace comme libre, et le contenu reste à l’identique là jusqu’à ce que de nouvelles données soient écrites par-dessus. C’est cette fenêtre temporelle qui rend la récupération possible.

Sur un disque dur classique, la fenêtre peut durer des semaines si tu utilises peu le disque concerné. Sur un SSD avec la fonction TRIM activée (cas standard), Windows libère de fait les blocs au niveau du contrôleur, et la fenêtre est beaucoup plus courte (parfois quelques minutes seulement). Sur SSD, la rapidité d’action est critique.

Méthode 1 : Windows File Recovery (Microsoft, gratuit)

Microsoft propose depuis 2020 un outil gratuit intégré au Microsoft Store : Windows File Recovery. C’est un utilitaire en ligne de commande, donc moins accueillant que les alternatives graphiques, mais d’une efficacité réelle sur SSD et HDD récents.

Installation : Microsoft Store : recherche « Windows File Recovery ». Une fois installé, ouvre l’invite de commandes en administrateur et tape winfr C: D:Recovery pour lancer une analyse simple. Mode régulier pour des suppressions récentes, mode extensif (option /x) pour des analyses approfondies. La sortie va sur un autre disque (jamais sur celui où tu cherches) pour éviter d’écraser ce que tu veux récupérer.

Méthode 2 : Recuva (Piriform, gratuit avec limites)

Recuva est l’outil de récupération de fichiers le plus connu côté grand public. Interface graphique simple : tu lances l’assistant, tu choisis le type de fichiers à chercher (photos, documents, vidéos, tout), tu indiques l’emplacement, l’outil scanne et liste les fichiers récupérables avec un indicateur de probabilité.

La version gratuite couvre la majorité des besoins individuels. La version Pro (24,95 € à vie) ajoute la récupération sur disque endommagé physique et le support technique. Pour une suppression accidentelle classique, la gratuite suffit.

Bémol : Recuva appartient à Piriform, racheté par Avast en 2017. La société a connu plusieurs incidents (compromission CCleaner 2017), ce qui a entamé sa réputation. L’outil reste utile, mais surveille les options pendant l’installation pour décliner les modules complémentaires non désirés.

Méthode 3 : PhotoRec (CGSecurity, open source)

PhotoRec est un outil open source de récupération de fichiers, créé par CGSecurity. Sa réputation est solide dans la communauté technique : c’est souvent celui que les pros utilisent en dernier recours, parce qu’il fonctionne par reconnaissance de signature de fichiers (il identifie un .jpg, un .docx, un .mp4 par sa structure binaire, sans se fier au système de fichiers).

Cet angle d’attaque le rend efficace même sur des disques où la table d’allocation est corrompue, ou après un formatage rapide. L’interface est austère (mode texte en ligne de commande), et il récupère tous les fichiers détectés sans préserver leurs noms d’origine (limitation technique inhérente à la méthode). Tu te retrouves donc avec un dossier qui contient des centaines de « f0001234.jpg » qu’il faut ensuite trier.

Pour qui peut accepter cette friction, PhotoRec est sans équivalent. Disponible gratuitement sur cgsecurity.org.

Bonnes pratiques pour éviter d’en avoir besoin

Active l’historique des fichiers dans Windows (Paramètres : Système : Stockage : Options de sauvegarde avancées). Avec un disque externe USB ou un emplacement réseau, Windows fait une sauvegarde incrémentale des dossiers que tu utilises. Pour récupérer un fichier supprimé, clic droit dans le dossier d’origine : « Restaurer les versions précédentes ».

Si tu utilises OneDrive, regarde dans la corbeille OneDrive (depuis onedrive.live.com). Les fichiers supprimés y restent 30 jours. Même chose pour Google Drive et iCloud Drive si tu utilises leur synchronisation.

Pour les documents vraiment importants, deux copies en deux endroits différents (règle 3-2-1 : trois copies, deux supports différents, une copie hors site). Pas glamour, mais c’est la seule garantie réelle.

Questions fréquentes

Mon SSD est récent, ai-je une chance de récupération ?

Sur SSD avec TRIM (cas standard), la fenêtre se compte en minutes voire en secondes selon l’usage. Coupe le PC dès que tu réalises la perte. Au redémarrage, lance Windows File Recovery ou PhotoRec sans ouvrir d’autres applications. Les chances réelles dépendent du temps écoulé entre la suppression et l’analyse, et de l’activité du disque entre les deux.

Et si le fichier était sur un disque externe ?

Excellente nouvelle : sur un disque externe peu utilisé, les chances sont très bonnes. Lance Recuva ou PhotoRec en pointant vers la lettre du disque externe, l’analyse retrouvera souvent ce que tu cherches sans difficulté particulière.

Les services payants comme EaseUS ou Stellar valent-ils le coup ?

Pour un usage personnel, non. Les outils gratuits cités couvrent 95 % des cas. Les services payants à plusieurs dizaines d’euros se justifient seulement pour des situations professionnelles (récupération de base de données critique, disque endommagé à l’identique). Évite aussi les pubs « récupération à 99 € » qui rachètent juste les fonctionnalités de PhotoRec avec une interface plus jolie.