Un email t’annonce qu’un abonnement Microsoft 365 vient d’être renouvelé pour 350 euros sur ton compte, ou qu’Amazon a constaté un achat suspect d’un iPhone à 1 200 euros expédié à une adresse inconnue. Une seule action est proposée : appeler un numéro pour annuler. Le numéro est tenu par un faux support, qui te demande ensuite d’installer un logiciel de prise en main à distance « pour rembourser ». C’est l’arnaque au faux SAV, l’une des plus rentables pour les attaquants en 2026, parce qu’elle cible des publics fragiles avec un scénario de remboursement qui rassure.
Microsoft, Amazon, Apple ou Netflix ne fonctionnent jamais ainsi. Ce qu’il faut retenir pour ne pas appeler ce numéro, et que faire si tu as déjà installé le logiciel à distance.
L’essentiel
Aucun service en ligne ne te fournit un numéro de téléphone à appeler dans un email d’alerte facturation. Le support officiel se contacte uniquement depuis ton compte, sur le site officiel, jamais via un lien ou un numéro reçu par courriel.
Si tu as appelé et installé un logiciel d’accès distant : coupe Internet sur ton PC tout de suite, désinstalle le logiciel, change tes mots de passe critiques depuis un autre appareil, opposition carte si tu as donné tes coordonnées.
Pour vérifier un email douteux : connecte-toi à ton compte Microsoft, Amazon ou autre par les voies officielles (taper l’adresse à la main). Si rien n’apparaît dans tes commandes ou abonnements, l’email est faux.
Comment l’arnaque fonctionne
L’email d’amorce reprend l’identité visuelle d’Amazon ou de Microsoft, avec une mise en page convaincante. Le scénario varie : facturation abusive à contester, commande à annuler, fraude à signaler. Le seul moyen d’action proposé est un numéro de téléphone, parfois affiché comme « service support gratuit ». Tu appelles, tu tombes sur un interlocuteur en français correct qui te guide dans un faux processus de remboursement.
L’étape clé est l’installation d’un logiciel d’accès à distance, le plus souvent AnyDesk ou TeamViewer, dont l’attaquant prétend avoir besoin pour « te guider sur l’interface bancaire ». Une fois installé et le code de connexion communiqué, l’attaquant prend le contrôle de ton PC. Il peut alors aspirer tes mots de passe enregistrés dans le navigateur, déclencher des virements depuis ton compte bancaire si tu y es connecté, ou chiffrer tes fichiers pour réclamer une rançon.
Les signaux qui doivent t’alerter
- Un numéro de téléphone dans l’email. Microsoft, Amazon, Apple, Netflix ne communiquent jamais un numéro à appeler dans un email d’alerte. Toute information urgente passe par l’interface de ton compte.
- Une facture pour un produit que tu n’as pas commandé. Si tu reçois une facture suspecte, vérifie sur ton compte. Aucune action sur l’email, jamais.
- Une demande d’installation d’un logiciel pour « se faire rembourser ». Aucun vrai service après-vente n’installe quoi que ce soit sur ton ordinateur. Le remboursement se fait sur la carte d’origine, sans intervention de ta part.
- L’interlocuteur te fait taper des commandes « techniques ». Cmd ouvert, scripts à exécuter, paramètres à changer : tout signal de bidouille système est un signal d’alerte.
- On te demande d’acheter des cartes cadeaux pour « valider le remboursement ». Variante grossière mais qui marche encore : les attaquants demandent d’acheter des cartes Amazon, iTunes ou Steam et de dicter les codes. C’est de l’argent direct en leurs poches.
Si tu as installé le logiciel d’accès distant
Coupe l’ordinateur du réseau sans délai
Débranche le câble Ethernet ou coupe le Wi-Fi sur l’ordinateur concerné. Tant que l’attaquant a la main via AnyDesk ou TeamViewer, il continue. La coupure réseau l’éjecte de la session. Désinstalle ensuite le logiciel d’accès distant via le panneau de configuration ou l’app Paramètres de Windows.
Change tes mots de passe critiques depuis un autre appareil
Depuis ton smartphone ou un autre PC non infecté : email principal, banque, comptes Microsoft / Google / Amazon, services qui contiennent un moyen de paiement. Si tu utilises un gestionnaire de mots de passe, change la phrase maître depuis l’appareil sain. N’utilise pas le PC compromis pour ces opérations.
Scan antivirus complet, voire formatage
Lance un scan complet avec ton antivirus et un anti-malware ponctuel comme Malwarebytes. Si l’attaquant a installé quoi que ce soit pendant la session (keylogger, RAT, cheval de Troie), un scan profond a des chances de le détecter. En cas de doute sérieux, un formatage propre suivi d’une réinstallation de Windows reste la seule garantie totale. Dépose plainte sur cybermalveillance.gouv.fr.
Comment t’en protéger
Une règle simple : aucun service en ligne ne te demandera jamais d’appeler un numéro pour gérer ton compte. Tout, sans exception, se passe sur le site officiel ou dans l’application officielle, après une connexion normale. Cette habitude unique tue la grande majorité des scénarios de faux SAV.
Pour les emails d’alerte facturation : prends le réflexe d’aller sur le site concerné (tape « amazon.fr » ou « microsoft.com » à la main, pas via Google qui peut afficher des pubs frauduleuses en haut des résultats). Si la facture n’apparaît pas dans tes commandes ou abonnements, l’email est faux. Tu peux le signaler à Signal Spam.
Questions fréquentes
Et si l’email vient vraiment du domaine officiel ?
Les attaquants peuvent usurper le nom affiché, mais regarde le vrai expéditeur (clique sur le nom dans Gmail ou Outlook pour voir l’adresse complète). Un email légitime de Microsoft vient de noreply@microsoft.com, pas de no-reply@msft-billing-support.com. Les variations de domaine sont le signal le plus fiable.
L’attaquant peut-il vraiment vider mon compte bancaire à distance ?
Pas directement si tu n’es pas connecté à ta banque pendant la session. Mais s’il prend le contrôle de ton navigateur et que tu te connectes ensuite à ta banque pendant qu’il regarde, il capture tes identifiants. Et si tu valides un virement pendant que tu es à distance, oui, l’argent part.
Faut-il prévenir Microsoft ou Amazon directement ?
Oui. Microsoft a un centre de signalement des arnaques sur microsoft.com/wdsi/filesubmission, Amazon une page « Signaler une activité suspecte » dans l’aide compte. Ces signalements alimentent la liste noire des domaines bloqués par les filtres antispam.